« C’est bien d’être optimiste, mais il faut aussi anticiper le risque de défaillance » (Pierre Pelouzet, médiateur des entreprises, Le Journal des Entreprises 12 février 2026).
Extraits
Une trentaine d’acteurs privés, publics et associatifs se sont engagés autour d’une « charte de confiance » pour anticiper et prévenir les difficultés des entreprises, alors que 70 000 défaillances ont été enregistrées en 2025. Pierre Pelouzet, médiateur des entreprises, revient sur les objectifs concrets de cette charte et sur les blocages rencontrés par les dirigeants.
« Quand un dirigeant sollicite le tribunal de commerce en préventif, 70 % des entreprises continuent de fonctionner. Mais quand la procédure collective est déjà lancée, l’entreprise disparaît dans 70 % des cas ».
Il n’y a aucun risque à aller voir son banquier car il voit les comptes, les échéances impayées ou encore les retards de remboursement de crédits… Quand il y a une tension dans l’entreprise, il est déjà au courant. Plutôt que de le laisser dans l’inconnu, c’est donc préférable de lui parler et de voir quelles sont les solutions possibles.
« La phase d’anticipation est assez peu pratiquée mais c’est celle qui sauve »
Il y a aussi un aspect psychologique. Un chef d’entreprise doit souvent être très optimiste pour diriger, comment passer outre cet état d’esprit qui peut aussi devenir un blocage en cas de difficultés ?
Le déni est presque positif quand on est chef d’entreprise. Les dirigeants se disent « je vais réussir », « demain ça va aller mieux » ou encore « c’est une situation provisoire ».
C’est bien d’être optimiste mais il faut aussi anticiper le risque de défaillance.
Il vaut mieux aller voir les interlocuteurs chargés de la prévention pour s’entendre dire que ça va, plutôt que de pécher par excès d’optimisme.
La statistique sur les tribunaux de commerce est parlante à ce titre : quand un dirigeant y va en préventif, 70 % des entreprises continuent de fonctionner mais quand la procédure collective est déjà lancée, l’entreprise disparaît dans 70 % des cas. Il vaut mieux y aller tôt, plutôt que tard en étant contraint.
Intérêt de la publication
Les difficultés de trésorerie ne se manifestent pas toujours brutalement.
Plus l’intervention d’un conseil expérimenté est précoce, plus les solutions sont nombreuses.
À Avignon et dans sa région, de nombreux dirigeants ont acquis le réflexe de consulter un avocat lorsque la situation se dégrade.
Anticiper permet souvent de préserver l’activité, la valeur de l’entreprise et la situation personnelle du dirigeant.
Il y a 10 ans déjà, en qualité de Président du Centre d’Information sur la Prévention de Vaucluse, j’ai appuyé ce message pendant mes deux années de mandat auprès de tous les acteurs de la prévention :
Chefs d’entreprise, vous n’êtes pas seuls, prenez conseil !
Les mesures de prévention aboutissent le plus souvent à un retour à l’ordre et à la sérénité du dirigeant.
Voir la fiche pratique « Entreprise en difficulté à Avignon et en région PACA : quand consulter un avocat ?« .